Samedi 12 novembre a 8h30, je suis embarque a l'aeroport ou une dizaine de personnes m'attendent , salutations, et commencent des discussions interminables sur le choix de ce premier site a equiper. Tiens il y a deux ouvriers noirs, je m'autorise un "bonjour", reponse en francais, ce sont des maliens, Dialo et Brahim qui parlent francais, je pourrais me faire comprendre le cas echeant.
Un petit camion arrive et des hommes dechargent une grosse disqueuse a moteur thermique pour entreprendre le sciage de la chaussee. Stop! Il est decide de changer de site, pour le premier il serait plus raisonnable de choisir un emplacement moins perturbateur! Nous voila parti un kilometre plus loin, et la, nous attendons! Quoi ?... que la disqueuse arrive, poussee a bras d'homme. (photo : droite la disqueuse)
Il est 11h30, notre areopage m'entoure pour definir les cotes exactes des travaux a executer, bien que faisant remarquer que nous ne travaillons pas au millimetre, le responsable genie civil m'objecte les cotes precises portees sur le plan. Midi enfin la disqueuse commence son tonnitruant travail dans un etouffant nuage de poussiere. (les bornes devant ce portail photo gauche).
Je contemple, le guidage precis de la machine,(photo de droite) son approvisionnement en eau tiree d'une citerne qui dessert le poste de police, tout ca au milieu de curieux interrogatifs. Il fait chaud, pour dejeuner, nous envoyons un manoeuvre a une boutique d'ou il revient avec des bouteilles d'eau et quelques paquets de gauffrettes. Il faut dire qu'ici l'eau courante est peu buvable... un gout de moisi ... alors tout le monde consomme des cannettes de soda ou bouteilles d'eau, ce qui fait que partout, en ville comme en campagne, le sol est jonche dans les moindres recoins de bouteilles et sacs plastique.
Au fait le materiel a installer sont des bornes en fonte de 200 mm de diametre et 750 mm de hauteur hors sol, plus de 100 kg la bete, pour la poser on confectionne un drain en partie basse d'un trou, puis y scelle avec du beton un coffrage perdu en tole qui constitue un logement pour la masse en fonte de la borne elle-meme (a gauche les tetes sont sorties de leur corps de bone, les couvercles sur le mur). Ensuite le trou est comble par du beton et la chaussee est finie avec du goudron a froid (de l'enrobe) ...
Chaque borne devra etre reliee par une gaine (tuyau souple) a une armoire (celui en salopette bleue c'est moi l'autre Mohamed) ou se trouvent un automatisme et un compresseur industriel fournissant l'air comprime qui fera monter les bornes. Il y a sur cet acces 4 bornes a installer, une armoire technique, deux feux rouges de signalisation et deux boitiers a cle. Sur ces sites, les bornes sont commandees par une un petit emetteur radio et/ou une cle tournee dans un boitier. A quoi ca sert ? .... A controler, gerer sur un acces le passage des voitures. Mon employeur, la societe avignonaise Urbaco est le leader mondial de ce type de produit. Voila de succinctes informations a l'attention des neophytes!
La disqueuse a terminee son raynurage en profondeur de la chaussee, son prepose, un maltais, nous quitte. Je suggere a Mohamed de rapatrier un coffrage perdu pour que le contremaitre en ait la visualisation mais helas le depot est ferme a 12h, on verra demain.
Il est 15h environ l'attente recommence, on attend quoi ? Le tracto-pelle pour creuser la tranchee ...! Discussion autour des gaines a fournir, horreur, le contremaitre prevoit des tubes PVC rigides avec des coudes; je reprends les explications avec l'aide de Dialo rectification est faite, Mohamed fournira les gaines souples. Vers 16h le tracto-pelle, engin moderne a godets et marteau, se positionne et commence un sourd martellement de piquetage qui finit par un flop flop ... Une fuite d'huile, pas de puissance! ... Et on attend, quoi ? ... Que le camion revienne avec un fut d'huile. Le tracto reprend son excavation sous la vigilance millimetree du contremaitre, je sens que mon insistance polie a prodiguer quelques conseils est mal venue, aussi devinez quoi ... oui oui, j'attends et me tais!
La tranchee est trop large et semble-t-il trop profonde. Au passage le tracto releve et decolle la chausse sur le cote interne de la route, heureusement il evite en debut de tranche quatre cables enormes. On a eu chaud avec les communications de tout l'aeroport, etrange pas de signalisation dans le sol par un grillage colore, rien, un coup a se faire enfermer et pas pour rire... (a droite les cables) Bon faudra revoir le positionnement des bornes!
Pour une tranchee c'est une belle tranchee! Voila le petit camion qui revient avec des cailloux blancs calibres type "ballast" (photo de gauche) pour le drain en partie basse de tranchee, un luxe! Les manoeuvres se hatent de le deverser a la pelle sous controle du contremaitre. Il est 18h30, tout a coup tout le monde s'en va. Que voila une bonne journee on ne tergiversera plus, la chaussee est defoncee, le drain est fait.
Dimanche 13 nov, 9h30 nous faisons les boutiques a la recherche des gaines, chemin de cables, mousse expensee ... c'est rarete! Rien pour le travaux de genie civil ou equipements industriels. Ha une salopette pour moi! A force de fouiner, une boutique propose des gaines de 60 mm (c'est le rouleau en bleu), mais sans tire-cable, tant pis, un rouleau de fil de fer et on se debrouillera ... Par la meme nous passons au PC pour recuperer un cogffrage perdu, et preparer a l'ecart les materiels necessaires au site pour rapide enlevement, je passe sur le temps perdu en autorisation.
Midi trente retour au chantier, personne. Un coup de fil, Mohamed m'apprend que nous attendons la dameuse qui tassera le ballast du drain ... Biscuits soda et soeur Anne ne voit rien a l'horizon, ni machine ni materiel qui doit nous arriver du magasin central de la police. Ca y est en milieu d'apres midi la dameuse est au fond de la tranchee qui dame (pas le pion .. et puis damer, elle est faite pour ca ...). Etonnement sur le coffrage perdu que nous avons recupere, comment une borne est solide dans ce caisson en tole?
Fin de cette operation d'enfer, le soir tombe, c'est l'heure ou les elephants vont boire, dangereux de se promener dans la savane, je retourne a l'hotel. Lundi 14 nov sur site vers 10h une equipe arrive bien decidee a en decoudre. Mesure, positionnement de tube pvc pour le fond de caisson. Apres attente, les tubes inappropries sont changes et solidement maintenus sur le drain par un enserrement de tiges et fil de fer qui positionnent chaque coffrage au millimetre (a droite le pantalon bleu c'est moi). Pose de cordeaux fil de peche pour les alignements precis. J'ai beau expliquer la methodologie, mais le contremaire perfectionniste refuse mes suggestions. Tiens ce que l'on esperait plus, le materiel complet est livre, nous dechargeons, sous l'etonnement des curieux.
Proche du 11 novembre, on s'affaire dans la tranchee ou quatre baillonettes, tiges en fer de 14, encadrent chaque coffrage pose sur leur tube de drain. Un chef-d'oeuvre! Mesure, calle, verifie les niveaux, aligne, tout ca au millimetre! Les coffrages sont retires.
Vers 17h, une toupie a beton se positionne et deverse ses liquides concretions . Un homme saute au fond de la tranchee, du beton jusqu'au mollet, egalise cette grise et mollasse semelle pendant que le contremaitre controle la cote restante sous chaussee. Manque du beton, la toupie repart, attente, retour, coulee de beton, nivellement, le restant est jete sur un espace en terre devant le poste de police pour faire un debut de dalle.
Nous finissons cette journee a la lumiere du projecteur de surveillance policiere. A cette heure du soir pas de promenade dans la savane comme les crocodiles qui en sont devenus plats. Mardi 15 nov nous sommes a pied d'oeuvre pour positionner les coffrages et terminer cette tranchee.
Vers 11h30 arrivent les manoeuvres qui creusent a la pioche les deux tranchees latterales pour relier les potelets feux rouge et l'amenee des gaines depuis les caissons. Je reste seul, Mohamed est alle en reunion avec police et autorites aeroportuaires pour definir le nouveau site a equiper. Tranquillement avec Dialo et un autre compere, nous creusons, deblaillons, me voila promu terrassier chef. Decoupage de quatre gaines et nous inserrons dans chacune un fil de fer en guise (non pas de parasol ...) de tire-cable. Pour changer un peu, attente. Au retour de Mohamed, nous mettons a profit le calme relatif pour reporter les mensurations de fixation de la centrale sur son mur de soutainement.
La petite perceuse domestique (oui la black et d'equerre ...) peniblement perfore la paroi pour y loger les chevilles achetees au hasard de visites boutiquiaires. Le complement de l'equipe arrive, glisse chaque coffrage perdu entre les tiges de maitien scellees sur la semelle beton et fildeferise chaque ensemble, y partirons plus les coffrages!...Mensure, alignement, le contremaitre controle les cotes. Le prepose a la maconnerie etais l'interieur des coffrages avec des morceaus de chevrons de 80x80 mm, je fais remarque que nous allons vers un probleme quand il s'agira de les retirer, mais qu'importe il faudrait encore attendre une bonne heure pour aller en tailler d'autres.
La fin d'apres midi amene la toupie qui betonne la tranchee, apres que j'ai positionne les gaines de chaque coffrage dans la tranchee. Deuxieme toupie, finition, confection du massif pour le potelet feu et le surplus etendu devant le poste pour completer la dalle de la veille. Mercredi 16 nov matin nous faisons un saut a l'agence DHL pour retirer un colis de petites pieces expedie d'Avignon a mon attention, rien, pas encore la ... Arrive sur le chantier, la tranchee betonnee est seche. La je suis content de mettre ma salopette!
Avec Mohamed, j'accroche la centrale technique au mur puisque le chevillage a ete prepare, ca pese un ane mort, commence le tirage des cables et du tube air dans chaque gaine. Le plus dur reste a faire, mettre les bornes dans les logements de leur coffrage respectif. Pas d'anneaux de levage, pas de sangle, pas de "chevre" (trepieds avec palan), tout au muscle. Une longueur de cable, une prise, la centrale est branchee, le compresseur se met en route. Un tube air fait l'affaire pour brancher une borne, la tete monte, prudence on retire l'air en maintenant la tete et je fais rentrer la tige de verin.
Chaque tete est ainsi sortie de son caisson mais avant de les placer, nous devons attendre que le contremaitre arrive avec une scie egoine pour couper les chevrons d'etais de chaque caisson, puisque la pression du beton les a bloquer. Vers 11h30 enfin nous placons chaque caisson borne dans leur coffrage scelle. Sans coupe tube, je tranche au mieux avec un cuter le tube air et je raccorde le tout ayant au prealable repositionner a l'interieur de l'armoire les blocs de distributions. Je fais sensation a couper denuder mes cables sans pince speciale, oui ancienne ecole tout a la pince coupante.
J'improvise des petits tubes plies pour obstruer les sorties non utilisees des dustributeurs d'air. Reste a fixer les potelets feux sur leur massif beton, un seul a ete fait, pour l'autre, il faut avant tout terminer la tranchee. Aucune difficultee pour ce feu, j'avais positionne trois tiges filetees.
Finition, de la mousse expensee entre chaque corps de borne et le coffrage. Ca y est heure H, la centrale est branchee avec une prise volante, un feu et quatre bornes sont connectees couvercle en place, attroupement, contact ... En premiere nationale trois masses phalliques, expression d'une technologie maitrisee, se dressent au frimament lybien ( ha quel afir papa!) ... La quatrieme ? Elllleee aaa caaagueee ... ! Une rapide expertise montre que l'electrovanne de cette borne recalcitrante est deterrioree, le bobinage est a nu.
Le feu reste rouge quelque soit la positon des bornes, il semble que le feu devrait etre eteint quand les bornes sont basses, le plan ne me parle pas les branchements feux sont direct sur le 220v, j'ai du saute un paragraphe ... Demain un appel a l'usine m'en dira plus ! Jeudi 17 nov un tour au Pc police, palabres et autorisations, permettent de recuperer une electrovanne sur une autre borne et embarquons aussi un boitier mural avec le sachet de cles. Je mets a profit le deplacement pour contacter l'usine, pas de mule au bengal (heu d'ane-au-mali !), le feu reste au rouge permanent, tel en a ete voulu par le client, que n'en ai-je ete informe?.
De retour sur site, je change la piece deffectueuse. Dialo et un acolyte terminent la tranchee du second feu, confectionnent le massif et nous passons le cable. Dans l'apres-midi neuf personnes arrivent, et papillonnent. Il s'agit de mettre un coffret a cote de la centrale pour son alimentation. Ca s'active, un cable pend, un coffret en fonte est pose avec un disjoncteur interne (a cote de la centrale). On me livre du tri-phase sans terre en 4 x 10 carre, j'ai beau expliquer, rien n'y fait. Sans preavis les gens s'en vont. Vendredi 18 nov rien, c'est le week-end, je reste a l'hotel, sans voiture et internet qui est coupe depuis quatre jours .. Je me fais violence pour ce vendredi matin aller faire un tour dans le quartier de l'hotel. Plus d'une heure de ballade sous le soleil, il fait tres doux, un peu chaud, je rentre repas al'hotel comme d'habitude et je garde la chambre, bouquin, un peu de Tv5. Samedi 19 nov depart a 10h, en esperant que le nouveau site sera commence ce matin, mais Mohamed m'apprend que des transaction se passent entre Fondaco et l'entreprise de genie civil pour des questions de quantite de beton et de fait les travaux sont suspendus ... Passage a DHl pour retirer le colis en provenance d'Avignon, zute mon collegue n'a pas pris le papier ou est portee la reference d'envoie, ce sera pour demain. 
Rendu sur le chantier, nous en profitons pour fixer le deuxieme potelet feu dans le massif beton avec des chevilles puisque Mohamed n'a pas juge bon de prendre trois autres tiges filetes que j'aurais plantees dans le beton frais a la conception du massif, faut pas contrarier. Voila la petite perceuse qui force, toussotte, chauffe un peu et fini par fumer en percant le dernier trou. Les chevilles mecaniques a ecartement ne conviennent pas du tout dans ces troua trop justes. Je propose a mon collegue d'aller des demain faire quelques achats d'outillage, au moins une caisse pour ne pas avoir les outils dans des sachets plastique. Il est 13h30, le temps d'aller en ville, les magasins seront fermes. Dimanche 20 nov, nous partons a la conquete des boutiques. Nous denichons une echope qui fournit de la gaine de 60 et 150, un bonheur, en plus elle est revendeur Facom. Nous faisons amplette de tournevis, pinces, caisse, colliers rilsan, marteau, jeu de cles, forets, niveau, et d'une perceuse un peu serieuse de 1100w; manque une echelle et une vrai rallonge electrique. Mais impossible de trouver une goulotte large pour chemin de cable. Au sortir du magasin un orage violent, autant que subit, transforme la circulation en cacophonie de klaxons, un poeme, des gerbes d'eau, des essuie-glaces qui desensablent les pares-brise et un slalom plus proche des pistes neigeuses que de la circulation routiere. Je suis surpris de voir la chaussee detrempee degager de la vapeur, je me pinc, non non je ne suis pas en juillet-aout en provence mais en fin novembre en afrique (bon du nord, je le concede mais en afrique quand meme!). Passage a DHL et retrait du colis. Nous passons sur le chantier pour terminer ce potelet feu et tirer les cables depuis la centrale jusque dans le poste de police pour positionner les deux boitiers a cles. Surpris, cette charge nous incombe, ce n'est pas le service electrique qui le fera, eux ils me donnent du courant et basta, pas leur probleme ...! Il pleut finement, je range tous les outils dans leur caisse, me voila trempe, la pluie redouble, pas question de prendre une creve, nous repartons, 15h hotel.
restent enlever le deblai et
les finitions de chaussee !
Lundi 21 nov, meme si je suis pret a retour sur le site vers 8h30, j'ai peu d'espoir de voir arriver Mohamed, car le deuxieme site n'est pas pres de commencer ... Je ne me suis pas trompe, je passe ma journee a l'hotel, le blog a mettre a jour.
Mardi 22 (je sais jour du poulet...), je quitte l'hotel vers onze heure pour le chantier, nous decidons de poser les cables entre la centrale et le local des gardiens. Mohamed entreprend de fixer le cable avec des petits cavaliers dans le crepis , dire ca tient pas est inutile, bon il voit, alors nous partons acheter des anneaux clips pour tube electrique, des vis et chevilles.
Manque maintenant une echelle, j'improvise avec deux pans d'echaffaudage qui trainent. Je mesure, perce, cheville, dans des equilibres relatifs pour poser le tube electrique le long des murs. Je laisse Mohamed monter sur le toit en terrasse et derouler les cables. Apres la pose des deux boitiers, je connecte les cables et ca marche !...
Mercredi 23, pret comme d'habitude, je suis reclame a la reception vers 14h, sur le chantier les manoeuvres s'affairent a poser une trame de ferraillage autour des bornes sur l'espace de la chaussee a terminer, personne les prendront ces bornes; nous enveloppons les tetes et couvercles de borne avec du plastique. A 17h la toupie arrive et deverse un beton noir sur leferraillage et tout le monde s'active a niveler avec regle, truelle et taloche, 17h il pleuviote. Des plastiques , baches recuperees sont posees au-dessus du beton frais, tout le monde est satisfait, retrour a l'hotel. Jeudi 24 nov, vers 10h retour a l'aeroport, le debut du second chantier, personne, je m'en doutais, il fait gris, veille du week-end. La chaussee est seche, nous retirons les baches et je depose les couvercles pour oter les portections de fortune. Un coup de nettoyage et ...
F I N I
Pour ce site . . . la suite au prochain !




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