09 novembre 2005

L'AVENTURE CONTINUE

C'est vendredi, je me garde de jouer les Robinson (les femmes sont perfides, Robinson crut Zoe et il a fini sur une ile ...), apres un frugal petit dej', cafe un croissant quelques dattes proposes parmi tomates concombres oeufs-dur olives thon et brouet ocre au fumet d'epices et piment. Au fait je n'ai pas parle des dattes ! Un delice ! Rien a voir avec ces barquettes brunatres au suintement poisseux d'un sucre artificiel.

Ici de belles formes oblongues a la peau lisses et dorees, justes tombees de leur palmier, proposent une chair ferme murie au soleil, gorgee de sucre savamment dose par un climat propice. Il suffit de se baisser dans les jardins, en ville, pour en depayser son palais! Apres ca, il y a de quoi honnir les flocons et autres cereales industrielles.

Vers 10 heures trente, me voila en route vers Tripoli, http://www.reporter-photographe.com/lybie/oea-tripoli.htm contris de ne pas satisfaire a mon addiction photographique. Esperons que je ne sois pas trop trahi par mon appareil re-glingue. Je pars le long du front de mer. Une autre ambiance, fini les vrombrissants serpentaires des voitures et minibus , plus de foule empressee, mais quietude plombee par un radieux soleil. Les gens flanent, paisibles, dehambulent au gres de leur fantaisie, les taxis en maraude sillonnent les rues somnolentes. Plus une voiture sur la Place verte.

Des caleches multicolores accueillent les familles endimanchees, fauteuils et banquettes, pares de voils evanaissants se prelassent invitant le chaland a la photo dominicale. Tiens dominical c'est pour dimanche et quand "le jour du seigneur" est un vendredi, on dit quoi, vendredal, dredal, venal? Faudra y reflechir! Ben on dit aussi dominical, jour de "Dieu", vendredi jour de "Venus", ca explique venal. Treve de digression! Je remonte l'avenue Mukhtar, Champ Elysee local, le policier de faction, m'autorise a immortaliser cette avenue exeptionnellement deserte, fete de fin de ramadan oblige.


Je bifurque pour une rue parallele plus frequentee. S'offrent a moi des etals de boutiquiers, epiciers et autre petites echoppes. A travers d'etroites breches, des visions furtives de pietons traversant les murs attisent ma curiosite, une poterne m'invite a rejoindre cette foule bigarree. Je suis dans un marche couvert, enceintes circulaires aux concentriques etals de poissonniers ici, bouchers ailleurs, fruits et legunes par la.
Chaque commercant expose sa marchandise entassee sur de freles etageres qui tapissent les murs, ou bien pendent carcasses de moutons et autres quartiers de viande aux esses meurtrieres des boucheries sommairement refrigerees. Le passage de ruelle en ruelle se fait par de transitoires couloirs encombres de cages de volailles nourriciaires, ou bien salamandres porc-et-pics perruches chatons ragondins de compagnie. Les poissons a meme le marbre embaument l'atmosphere de leur entetant fumet. Je regagne une plus grande artere animee, au renfoncemets occupes par des cuisiners qui me helent proposant leurs "melocos" (heu : mets locaux !), pas sur de pouvoir supporter les foudres incendiares des piments, je decline poliment.
Une grande place au pied de la muraille d'enceinte de la vielle ville, la des chauffeurs de taxi et mini-bus m'interpellent, un porche s'ouvre dans cette muraile, je m'y engage. Les ruelles sont etroites, passantes d'une foule qui se rend je ne sais ou. De venelles en venelles au sol lepreux d'un ciment incertain ou de terre battue si compacte qu'une femme balaye son pas de porte, je debouche dans un quartier ou les echopes serrees les unes contres les autres, placards de 10 metres carres sur 3 de haut, assurent un commerce de survie, epiciers, coiffeurs, brica-brac de radio-tele ou pieces electriques mecaniques du quotidien, tailleurs couturiers, tous s'activent. Il n'est pas cent metres sans que je sois interpele en francais le plus souvent ou anglais par de souriants "bonjour..bienvenue monsieur" aux quels je reponds par de larges sourires portant ma main droite a mon coeur.
Je croise deux europeennes sans stress qui me conseillent une ancienne mosquee toute proche, au detour d'une ruelle je decouvre ce massif monument en voie de restauration, une merveille de l'art mauresque. Le muezzin erraille ses appels a la priere, il est 13h30, des hommes se pressent tapis sous le bras. D'un pas tranquille je musarde, et au detour, d'un batiment je tombe sur une ruelle tapissee d'hommes agenouilles front a terre, surpris, passible d'un malsaint voyeurisme, je m'eclipse discretement pour une autre direction.
Je retrouve le porche par ou je suis rentre, il est pres de 14h, j'ai soif, il fait tres chaud, suis en nage. Oasis artificiel, contre le mur d'enceinte de la vielle ville une cabane au toit de tole avec barbecue, comptoir, frigo, un balet de serveurs en gilet se faufilent entre des tables et fauteuils ou se prelassent des consommateurs de tous ages a l'ombre de quelques ficus. Je demande une boison et me vois propose assiettes de viandes et legumes au fumet appetissant. Je m'installe a une table maculee entre consommateurs et fumeurs de narghile, commande soda et sandwich au poulet avec meli-melo de legume frits.
C'est bon, en plus j'ai demande pas trop fort! Repose je reprends ma route et me dirige vers le nouveau quartier de tours et building sur le front de mer. Je longe des places ou fourmillent les mini-bus a l'invite aux noms exotiques, Leptis Magna, Sabratah, Ghadames, Misratah . . . Puis le quartier noir, un marche couvert enceint de grille, une population affricaine et toujours ces interpellations a mon encontre pour me souhaiter le "bonjour... bienvenu". Je m'en retourne et une idee, retrouver l'hotel "Mediterraneo" qui m'accueuilit il ya 25 ans a mon premier deplacement professionnel. De rues delabrees en ruelles defoncees, assoiffe, j'entre dans un hotel a la facade lepreuse, non c'est pas la, je suis accueilli dans un hall luxueux et invite a me desalterer au bar de l'etage sur de moelleux fauteuils dans un decor de chaud cocooning;
desaltere, je suis invite a visiter la salle de restaurant et les chambres a l'etage; apres nombre de remerciments je prends conge, et me dit que le "Mediterraneo" ce sera pour une autre fois. Je retraverse la ville et retrouvant le front de mer, je me dirge vers mon hotel. Ouf le lit un havre! Ferais bien un bain de pieds moi! Zute et cette clim qui ronronne, fait trop frais, je m'allonge il est 16h30 je suis vanne. Repos, demain je vais commence cette semaine par entamer enfin les travaux de "Genie si vils" (a force ils le deviennent).

He oui Demain !

A suivre . . .

Album photos pour les curieux

(Cliquez sur la photo pour agrandir)


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