Ca y est je suis a pied d'oeuvre! C'est pas trop tot direz vous! J'avoue avoir un peu le trac, non pas par crainte de ne pas savoir faire, mais de bien transmettre les directives, surtout que, en anglais j'en suis reste a "My sister is not a boy..." (mais non je blague, je me debrouille). Lever tot, petit dej' habituel, 8h30 j'attends mon accompagnateur. Ouf vers 10h, Mohamed m'embarque pour une reunion avec la direction de l'entreprise de genie civil dont nous avions rencontre le representant il y a deux jours sur les sites de l'aeroport. Fauteuils confortables, the bouillant sucre, explications, plans, devant le septicisme de mes interlocuteurs, eureka, non pas d'hypotenuse au fond de la baignoire, je propose a la docte assemblee de concretiser mes dires par une visite du materiel. "What a good idea", determines et confiants nous voila parti vers le magasin general de la police pour presentation des bornes et autres joyeusetes techiques.
Des l'arrivee, notre areopage visite l'officier de service, salutations, fauteuils, the, et planton pour nous accompagner. Me voila dans mon element! Par bonheur j'ai pris le sac avec mes rares outils. J'ouvre une borne, montre les coffrages perdus, une centrale technique, les cables, tube air et tout le necessaire d'installation. Ca commence bien, a l'ouverture de la centrale, le compresseur bascule vers l'avant et le reservoir de la distribution se casse. Pas de soucis on verra plus tard. Tout le monde est ravi de voir enfin ce dont il s'agit concretement. Il est 13h15 et Mohamed m'embarque pour recuperer sa fille a l'ecole. Ici l'ecole commence a 7h30 et se termine a 13h30, de rues en traverses, nous recuperons cette jeune fille robe longue et foulard. Je suis depose a l'hotel avec rendez-vous demain dimanche pour enfin commencer les travaux, il est decide que tot, avant d'aller sur le site, nous irons a l'ambassade de France pendant la mise en place du chantier. Bon je fais quoi? Il fait beau, chaud, d'humeur enjoue je decide de ne pas rester dans la chambre. Direction le centre ville; et si j'allais visiter le Souk?. Toujours le meme trajet, a pied, front de mer, place verte.


Dans les ramparts du musee et vielle ville un porche, une ruelle m'invite dans cet antre aux mille fantasmes d'europen curieux. Pas d'agitation, les rideaux de fer imposent silence aux venelles desertees. Bien sur il est 15h! Il faudra attendre 17h pour que tout ce monde sorte de sa torpeur. Neanmoins, je m'aventure au gre de ma fantaisie. Ici une ruelle animee, ou des tentures entre maisonnees prodiguent leur ombre appaisante. Des boutiques aux chalans dicrets, exposent orfevreies, bijoux, pierreries a faire rever la plus refractaire de nos Cheres-razades. Un scintillement, un emerveillement de la pupille, des pieces finement sciselees aux pierreries enchassees, miriade de couleurs turqouise grenat emeraude jade le disputent aux eclats purs et limpides de discrets diamants. Je quitte ces alignements de boutiques cossues et me voila, accompagne par les rituels "bonjour...bienvenu" dans un bazar toutueux ou alterne etamiers et boutiques de vetements, clairseme d'epiceries antediluviennes.
Rien de typique, le commerce des biens du quotidien. Une boutique de poteries, mon regard s'y attarde, le commercant m'invite a une viste de son echope, me decline amphores et parures en corail naturel, dans le fond du magasin, exposition de tapis ou j'apprends que les berberes tissent la laine de moutons et les bedouins le poils de chameaux pour confectionner tapis et ornemts tisses. Je marche, je marche je suis fatigue, je reviendrai un soir de pleine animation. Retour a pied a l'hotel, j'ai des ampoules.

Mohamed, confiant, me vehicule de boutiques en echopes surrealistes, en quete des bouchons a vis. Pas de telles pieces sur le marche a moins de les faire fabriquer par un outilleur-tourneur. A l'apercu du type d'echope et d'equipement, je rennonce, proposant un courriel pour demander un approvisionnemt rapide depuis Avignon. Apres une efficace repression sur le bouchon du cache culbuteurs de la Lada, aux velleites de liberte permettant aux chaudes giclees d'huile le graissage externe du moteur, a 13h10 nous partons pour un ramassage scolaire familial. Je suis etonne de voir un peu partout des filles et garcons revetus de treillis militaires a la lepre de comoufflage gris et kaki, beige et blanc, vert et gris ainsi de suite. Les filles portent foulard les garcons casquette, Mohamed m'explique que ce sont les tenues obligatoires qui differencient les ecoles publiques, je comprends mal, ses enfants ne portent pas ces tenues, par pudeur je n'ose le questionner. Le fils et les deux filles de Mohamed papottent a l'arriere, tandis que nous slalomons vers l'ambassade de France pour recuperer les passeports. Planton, attente, nous recuprons les precieux documents et traversons tout Tripoli pour arriver vers 15h a mon hotel.
Lundi, mon attente est brisee vers 10h par un appel de monsieur Mansour big boss de Fondaco. Sa conversation en francais m'apprend qu'il mandate une autre entreprise pour la realisation des travaux preparatoires. Il est preoccupe de la stagnation de ma mission, car il est, par le ministere de l'interieur et la direction de la police, de plus en plus fermement enjoint a commencer les travaux. Le temps presse, la pression monte, rien n'avance. J'en profite pour demander l'octroi d'un vehicule pour le vendredi, ne me voyant pas rester toute la journee a l'hotel ou refaire des ballades en ville, il acquiesce et m'enverra une voiture avec chauffeur pour aller visiter Sabratah. Regrets de la tournure des evenements, promesse de la mise en oeuvre du chantier au plus tot, sinceres salutaions, et de nouveau une journee pour rien. Je vais mettre a profit ce temps libre pour tenter de changer mes traveller's cheques.
Le factotum de l'hotel indique au taxi ma destination et a moi le prix de la course, deux dinars pour me ren drendre a l'est de Tripoli en bord de mer dans le quartier moderne des affaires. Bien decide a resoudre ce probleme d'intendance, je vais de tour en tour, demandant aux factionnaires de securite de m'indiquer une banque de change. Ici les marbres tapissent sol et murs, offrant leur discrets agencements artistiques dans un lustrage ou l'on se voit marcher. De galeries marchandes claires et spacieuses aux luxueuses boutiques en escalators silencieux, je me perds dans un dedale de couloirs, de boutiques et autres bureaux. Tout ce qui compte en Lybie d'industrie, de petrol, d'import export, de compagnie de toutes sortes aux noms mondialement connus, se trouvent la dans ces bureaux delocalises (je cherche mais y a pas Urbaco). J'aborde un "attendeur", tout le monde attend ici, et par bonheur il parle francais. Devant mon embarras, il m'accompagne de couloirs en traverses pour arriver dans une banque, me pose devant un guichet, discute et tend mes formules et passeport a une jeune dame accorte. Attente, et retour de la guichetiere qui m'annonce mon change contre une commission de 10 dinars, signature, caisse, mission accompli.

Mon guide propose de m'offrir un cafe, et il faut que je fasse autorite pour accepter a condition que je paie les consommations. Remerciements, nous nous separons non sans qu'il me salue par un "nous sommes a votre service". Dehors le soleil est haut, je flane sur l'esplanade au bord de l'eau appuye a une ballustrade. Je retourne vers le centre, j'affrete un taxi, retour a l'hotel.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
Links to this post:
Créer un lien
<< Home