23 novembre 2005


ENFIN . . . !

Le premier site . . . un blog technique

Samedi 12 novembre a 8h30, je suis embarque a l'aeroport ou une dizaine de personnes m'attendent , salutations, et commencent des discussions interminables sur le choix de ce premier site a equiper. Tiens il y a deux ouvriers noirs, je m'autorise un "bonjour", reponse en francais, ce sont des maliens, Dialo et Brahim qui parlent francais, je pourrais me faire comprendre le cas echeant. Un petit camion arrive et des hommes dechargent une grosse disqueuse a moteur thermique pour entreprendre le sciage de la chaussee. Stop! Il est decide de changer de site, pour le premier il serait plus raisonnable de choisir un emplacement moins perturbateur! Nous voila parti un kilometre plus loin, et la, nous attendons! Quoi ?... que la disqueuse arrive, poussee a bras d'homme. (photo : droite la disqueuse) Il est 11h30, notre areopage m'entoure pour definir les cotes exactes des travaux a executer, bien que faisant remarquer que nous ne travaillons pas au millimetre, le responsable genie civil m'objecte les cotes precises portees sur le plan. Midi enfin la disqueuse commence son tonnitruant travail dans un etouffant nuage de poussiere. (les bornes devant ce portail photo gauche). Je contemple, le guidage precis de la machine,(photo de droite) son approvisionnement en eau tiree d'une citerne qui dessert le poste de police, tout ca au milieu de curieux interrogatifs. Il fait chaud, pour dejeuner, nous envoyons un manoeuvre a une boutique d'ou il revient avec des bouteilles d'eau et quelques paquets de gauffrettes. Il faut dire qu'ici l'eau courante est peu buvable... un gout de moisi ... alors tout le monde consomme des cannettes de soda ou bouteilles d'eau, ce qui fait que partout, en ville comme en campagne, le sol est jonche dans les moindres recoins de bouteilles et sacs plastique.

Au fait le materiel a installer sont des bornes en fonte de 200 mm de diametre et 750 mm de hauteur hors sol, plus de 100 kg la bete, pour la poser on confectionne un drain en partie basse d'un trou, puis y scelle avec du beton un coffrage perdu en tole qui constitue un logement pour la masse en fonte de la borne elle-meme (a gauche les tetes sont sorties de leur corps de bone, les couvercles sur le mur). Ensuite le trou est comble par du beton et la chaussee est finie avec du goudron a froid (de l'enrobe) ... Chaque borne devra etre reliee par une gaine (tuyau souple) a une armoire (celui en salopette bleue c'est moi l'autre Mohamed) ou se trouvent un automatisme et un compresseur industriel fournissant l'air comprime qui fera monter les bornes. Il y a sur cet acces 4 bornes a installer, une armoire technique, deux feux rouges de signalisation et deux boitiers a cle. Sur ces sites, les bornes sont commandees par une un petit emetteur radio et/ou une cle tournee dans un boitier. A quoi ca sert ? .... A controler, gerer sur un acces le passage des voitures. Mon employeur, la societe avignonaise Urbaco est le leader mondial de ce type de produit. Voila de succinctes informations a l'attention des neophytes!

La disqueuse a terminee son raynurage en profondeur de la chaussee, son prepose, un maltais, nous quitte. Je suggere a Mohamed de rapatrier un coffrage perdu pour que le contremaitre en ait la visualisation mais helas le depot est ferme a 12h, on verra demain. Il est 15h environ l'attente recommence, on attend quoi ? Le tracto-pelle pour creuser la tranchee ...! Discussion autour des gaines a fournir, horreur, le contremaitre prevoit des tubes PVC rigides avec des coudes; je reprends les explications avec l'aide de Dialo rectification est faite, Mohamed fournira les gaines souples. Vers 16h le tracto-pelle, engin moderne a godets et marteau, se positionne et commence un sourd martellement de piquetage qui finit par un flop flop ... Une fuite d'huile, pas de puissance! ... Et on attend, quoi ? ... Que le camion revienne avec un fut d'huile. Le tracto reprend son excavation sous la vigilance millimetree du contremaitre, je sens que mon insistance polie a prodiguer quelques conseils est mal venue, aussi devinez quoi ... oui oui, j'attends et me tais! La tranchee est trop large et semble-t-il trop profonde. Au passage le tracto releve et decolle la chausse sur le cote interne de la route, heureusement il evite en debut de tranche quatre cables enormes. On a eu chaud avec les communications de tout l'aeroport, etrange pas de signalisation dans le sol par un grillage colore, rien, un coup a se faire enfermer et pas pour rire... (a droite les cables) Bon faudra revoir le positionnement des bornes! Pour une tranchee c'est une belle tranchee! Voila le petit camion qui revient avec des cailloux blancs calibres type "ballast" (photo de gauche) pour le drain en partie basse de tranchee, un luxe! Les manoeuvres se hatent de le deverser a la pelle sous controle du contremaitre. Il est 18h30, tout a coup tout le monde s'en va. Que voila une bonne journee on ne tergiversera plus, la chaussee est defoncee, le drain est fait. Dimanche 13 nov, 9h30 nous faisons les boutiques a la recherche des gaines, chemin de cables, mousse expensee ... c'est rarete! Rien pour le travaux de genie civil ou equipements industriels. Ha une salopette pour moi! A force de fouiner, une boutique propose des gaines de 60 mm (c'est le rouleau en bleu), mais sans tire-cable, tant pis, un rouleau de fil de fer et on se debrouillera ... Par la meme nous passons au PC pour recuperer un cogffrage perdu, et preparer a l'ecart les materiels necessaires au site pour rapide enlevement, je passe sur le temps perdu en autorisation. Midi trente retour au chantier, personne. Un coup de fil, Mohamed m'apprend que nous attendons la dameuse qui tassera le ballast du drain ... Biscuits soda et soeur Anne ne voit rien a l'horizon, ni machine ni materiel qui doit nous arriver du magasin central de la police. Ca y est en milieu d'apres midi la dameuse est au fond de la tranchee qui dame (pas le pion .. et puis damer, elle est faite pour ca ...). Etonnement sur le coffrage perdu que nous avons recupere, comment une borne est solide dans ce caisson en tole? Fin de cette operation d'enfer, le soir tombe, c'est l'heure ou les elephants vont boire, dangereux de se promener dans la savane, je retourne a l'hotel. Lundi 14 nov sur site vers 10h une equipe arrive bien decidee a en decoudre. Mesure, positionnement de tube pvc pour le fond de caisson. Apres attente, les tubes inappropries sont changes et solidement maintenus sur le drain par un enserrement de tiges et fil de fer qui positionnent chaque coffrage au millimetre (a droite le pantalon bleu c'est moi). Pose de cordeaux fil de peche pour les alignements precis. J'ai beau expliquer la methodologie, mais le contremaire perfectionniste refuse mes suggestions. Tiens ce que l'on esperait plus, le materiel complet est livre, nous dechargeons, sous l'etonnement des curieux. Proche du 11 novembre, on s'affaire dans la tranchee ou quatre baillonettes, tiges en fer de 14, encadrent chaque coffrage pose sur leur tube de drain. Un chef-d'oeuvre! Mesure, calle, verifie les niveaux, aligne, tout ca au millimetre! Les coffrages sont retires. Vers 17h, une toupie a beton se positionne et deverse ses liquides concretions . Un homme saute au fond de la tranchee, du beton jusqu'au mollet, egalise cette grise et mollasse semelle pendant que le contremaitre controle la cote restante sous chaussee. Manque du beton, la toupie repart, attente, retour, coulee de beton, nivellement, le restant est jete sur un espace en terre devant le poste de police pour faire un debut de dalle. Nous finissons cette journee a la lumiere du projecteur de surveillance policiere. A cette heure du soir pas de promenade dans la savane comme les crocodiles qui en sont devenus plats. Mardi 15 nov nous sommes a pied d'oeuvre pour positionner les coffrages et terminer cette tranchee. Vers 11h30 arrivent les manoeuvres qui creusent a la pioche les deux tranchees latterales pour relier les potelets feux rouge et l'amenee des gaines depuis les caissons. Je reste seul, Mohamed est alle en reunion avec police et autorites aeroportuaires pour definir le nouveau site a equiper. Tranquillement avec Dialo et un autre compere, nous creusons, deblaillons, me voila promu terrassier chef. Decoupage de quatre gaines et nous inserrons dans chacune un fil de fer en guise (non pas de parasol ...) de tire-cable. Pour changer un peu, attente. Au retour de Mohamed, nous mettons a profit le calme relatif pour reporter les mensurations de fixation de la centrale sur son mur de soutainement. La petite perceuse domestique (oui la black et d'equerre ...) peniblement perfore la paroi pour y loger les chevilles achetees au hasard de visites boutiquiaires. Le complement de l'equipe arrive, glisse chaque coffrage perdu entre les tiges de maitien scellees sur la semelle beton et fildeferise chaque ensemble, y partirons plus les coffrages!...Mensure, alignement, le contremaitre controle les cotes. Le prepose a la maconnerie etais l'interieur des coffrages avec des morceaus de chevrons de 80x80 mm, je fais remarque que nous allons vers un probleme quand il s'agira de les retirer, mais qu'importe il faudrait encore attendre une bonne heure pour aller en tailler d'autres. La fin d'apres midi amene la toupie qui betonne la tranchee, apres que j'ai positionne les gaines de chaque coffrage dans la tranchee. Deuxieme toupie, finition, confection du massif pour le potelet feu et le surplus etendu devant le poste pour completer la dalle de la veille. Mercredi 16 nov matin nous faisons un saut a l'agence DHL pour retirer un colis de petites pieces expedie d'Avignon a mon attention, rien, pas encore la ... Arrive sur le chantier, la tranchee betonnee est seche. La je suis content de mettre ma salopette!Avec Mohamed, j'accroche la centrale technique au mur puisque le chevillage a ete prepare, ca pese un ane mort, commence le tirage des cables et du tube air dans chaque gaine. Le plus dur reste a faire, mettre les bornes dans les logements de leur coffrage respectif. Pas d'anneaux de levage, pas de sangle, pas de "chevre" (trepieds avec palan), tout au muscle. Une longueur de cable, une prise, la centrale est branchee, le compresseur se met en route. Un tube air fait l'affaire pour brancher une borne, la tete monte, prudence on retire l'air en maintenant la tete et je fais rentrer la tige de verin. Chaque tete est ainsi sortie de son caisson mais avant de les placer, nous devons attendre que le contremaitre arrive avec une scie egoine pour couper les chevrons d'etais de chaque caisson, puisque la pression du beton les a bloquer. Vers 11h30 enfin nous placons chaque caisson borne dans leur coffrage scelle. Sans coupe tube, je tranche au mieux avec un cuter le tube air et je raccorde le tout ayant au prealable repositionner a l'interieur de l'armoire les blocs de distributions. Je fais sensation a couper denuder mes cables sans pince speciale, oui ancienne ecole tout a la pince coupante. J'improvise des petits tubes plies pour obstruer les sorties non utilisees des dustributeurs d'air. Reste a fixer les potelets feux sur leur massif beton, un seul a ete fait, pour l'autre, il faut avant tout terminer la tranchee. Aucune difficultee pour ce feu, j'avais positionne trois tiges filetees. Finition, de la mousse expensee entre chaque corps de borne et le coffrage. Ca y est heure H, la centrale est branchee avec une prise volante, un feu et quatre bornes sont connectees couvercle en place, attroupement, contact ... En premiere nationale trois masses phalliques, expression d'une technologie maitrisee, se dressent au frimament lybien ( ha quel afir papa!) ... La quatrieme ? Elllleee aaa caaagueee ... ! Une rapide expertise montre que l'electrovanne de cette borne recalcitrante est deterrioree, le bobinage est a nu. Le feu reste rouge quelque soit la positon des bornes, il semble que le feu devrait etre eteint quand les bornes sont basses, le plan ne me parle pas les branchements feux sont direct sur le 220v, j'ai du saute un paragraphe ... Demain un appel a l'usine m'en dira plus ! Jeudi 17 nov un tour au Pc police, palabres et autorisations, permettent de recuperer une electrovanne sur une autre borne et embarquons aussi un boitier mural avec le sachet de cles. Je mets a profit le deplacement pour contacter l'usine, pas de mule au bengal (heu d'ane-au-mali !), le feu reste au rouge permanent, tel en a ete voulu par le client, que n'en ai-je ete informe?. De retour sur site, je change la piece deffectueuse. Dialo et un acolyte terminent la tranchee du second feu, confectionnent le massif et nous passons le cable. Dans l'apres-midi neuf personnes arrivent, et papillonnent. Il s'agit de mettre un coffret a cote de la centrale pour son alimentation. Ca s'active, un cable pend, un coffret en fonte est pose avec un disjoncteur interne (a cote de la centrale). On me livre du tri-phase sans terre en 4 x 10 carre, j'ai beau expliquer, rien n'y fait. Sans preavis les gens s'en vont. Vendredi 18 nov rien, c'est le week-end, je reste a l'hotel, sans voiture et internet qui est coupe depuis quatre jours .. Je me fais violence pour ce vendredi matin aller faire un tour dans le quartier de l'hotel. Plus d'une heure de ballade sous le soleil, il fait tres doux, un peu chaud, je rentre repas al'hotel comme d'habitude et je garde la chambre, bouquin, un peu de Tv5. Samedi 19 nov depart a 10h, en esperant que le nouveau site sera commence ce matin, mais Mohamed m'apprend que des transaction se passent entre Fondaco et l'entreprise de genie civil pour des questions de quantite de beton et de fait les travaux sont suspendus ... Passage a DHl pour retirer le colis en provenance d'Avignon, zute mon collegue n'a pas pris le papier ou est portee la reference d'envoie, ce sera pour demain.
Rendu sur le chantier, nous en profitons pour fixer le deuxieme potelet feu dans le massif beton avec des chevilles puisque Mohamed n'a pas juge bon de prendre trois autres tiges filetes que j'aurais plantees dans le beton frais a la conception du massif, faut pas contrarier. Voila la petite perceuse qui force, toussotte, chauffe un peu et fini par fumer en percant le dernier trou. Les chevilles mecaniques a ecartement ne conviennent pas du tout dans ces troua trop justes. Je propose a mon collegue d'aller des demain faire quelques achats d'outillage, au moins une caisse pour ne pas avoir les outils dans des sachets plastique. Il est 13h30, le temps d'aller en ville, les magasins seront fermes. Dimanche 20 nov, nous partons a la conquete des boutiques. Nous denichons une echope qui fournit de la gaine de 60 et 150, un bonheur, en plus elle est revendeur Facom. Nous faisons amplette de tournevis, pinces, caisse, colliers rilsan, marteau, jeu de cles, forets, niveau, et d'une perceuse un peu serieuse de 1100w; manque une echelle et une vrai rallonge electrique. Mais impossible de trouver une goulotte large pour chemin de cable. Au sortir du magasin un orage violent, autant que subit, transforme la circulation en cacophonie de klaxons, un poeme, des gerbes d'eau, des essuie-glaces qui desensablent les pares-brise et un slalom plus proche des pistes neigeuses que de la circulation routiere. Je suis surpris de voir la chaussee detrempee degager de la vapeur, je me pinc, non non je ne suis pas en juillet-aout en provence mais en fin novembre en afrique (bon du nord, je le concede mais en afrique quand meme!). Passage a DHL et retrait du colis. Nous passons sur le chantier pour terminer ce potelet feu et tirer les cables depuis la centrale jusque dans le poste de police pour positionner les deux boitiers a cles. Surpris, cette charge nous incombe, ce n'est pas le service electrique qui le fera, eux ils me donnent du courant et basta, pas leur probleme ...! Il pleut finement, je range tous les outils dans leur caisse, me voila trempe, la pluie redouble, pas question de prendre une creve, nous repartons, 15h hotel.

Voila le site est equipe ...

restent enlever le deblai et

les finitions de chaussee !

Lundi 21 nov, meme si je suis pret a retour sur le site vers 8h30, j'ai peu d'espoir de voir arriver Mohamed, car le deuxieme site n'est pas pres de commencer ... Je ne me suis pas trompe, je passe ma journee a l'hotel, le blog a mettre a jour. Mardi 22 (je sais jour du poulet...), je quitte l'hotel vers onze heure pour le chantier, nous decidons de poser les cables entre la centrale et le local des gardiens. Mohamed entreprend de fixer le cable avec des petits cavaliers dans le crepis , dire ca tient pas est inutile, bon il voit, alors nous partons acheter des anneaux clips pour tube electrique, des vis et chevilles. Manque maintenant une echelle, j'improvise avec deux pans d'echaffaudage qui trainent. Je mesure, perce, cheville, dans des equilibres relatifs pour poser le tube electrique le long des murs. Je laisse Mohamed monter sur le toit en terrasse et derouler les cables. Apres la pose des deux boitiers, je connecte les cables et ca marche !...

Mercredi 23, pret comme d'habitude, je suis reclame a la reception vers 14h, sur le chantier les manoeuvres s'affairent a poser une trame de ferraillage autour des bornes sur l'espace de la chaussee a terminer, personne les prendront ces bornes; nous enveloppons les tetes et couvercles de borne avec du plastique. A 17h la toupie arrive et deverse un beton noir sur leferraillage et tout le monde s'active a niveler avec regle, truelle et taloche, 17h il pleuviote. Des plastiques , baches recuperees sont posees au-dessus du beton frais, tout le monde est satisfait, retrour a l'hotel. Jeudi 24 nov, vers 10h retour a l'aeroport, le debut du second chantier, personne, je m'en doutais, il fait gris, veille du week-end. La chaussee est seche, nous retirons les baches et je depose les couvercles pour oter les portections de fortune. Un coup de nettoyage et ...

F I N I

Pour ce site . . . la suite au prochain !

12 novembre 2005

On commence enfin !


Ca y est je suis a pied d'oeuvre! C'est pas trop tot direz vous! J'avoue avoir un peu le trac, non pas par crainte de ne pas savoir faire, mais de bien transmettre les directives, surtout que, en anglais j'en suis reste a "My sister is not a boy..." (mais non je blague, je me debrouille). Lever tot, petit dej' habituel, 8h30 j'attends mon accompagnateur. Ouf vers 10h, Mohamed m'embarque pour une reunion avec la direction de l'entreprise de genie civil dont nous avions rencontre le representant il y a deux jours sur les sites de l'aeroport. Fauteuils confortables, the bouillant sucre, explications, plans, devant le septicisme de mes interlocuteurs, eureka, non pas d'hypotenuse au fond de la baignoire, je propose a la docte assemblee de concretiser mes dires par une visite du materiel. "What a good idea", determines et confiants nous voila parti vers le magasin general de la police pour presentation des bornes et autres joyeusetes techiques.
Des l'arrivee, notre areopage visite l'officier de service, salutations, fauteuils, the, et planton pour nous accompagner. Me voila dans mon element! Par bonheur j'ai pris le sac avec mes rares outils. J'ouvre une borne, montre les coffrages perdus, une centrale technique, les cables, tube air et tout le necessaire d'installation. Ca commence bien, a l'ouverture de la centrale, le compresseur bascule vers l'avant et le reservoir de la distribution se casse. Pas de soucis on verra plus tard. Tout le monde est ravi de voir enfin ce dont il s'agit concretement. Il est 13h15 et Mohamed m'embarque pour recuperer sa fille a l'ecole. Ici l'ecole commence a 7h30 et se termine a 13h30, de rues en traverses, nous recuperons cette jeune fille robe longue et foulard. Je suis depose a l'hotel avec rendez-vous demain dimanche pour enfin commencer les travaux, il est decide que tot, avant d'aller sur le site, nous irons a l'ambassade de France pendant la mise en place du chantier. Bon je fais quoi? Il fait beau, chaud, d'humeur enjoue je decide de ne pas rester dans la chambre. Direction le centre ville; et si j'allais visiter le Souk?. Toujours le meme trajet, a pied, front de mer, place verte.

Dans les ramparts du musee et vielle ville un porche, une ruelle m'invite dans cet antre aux mille fantasmes d'europen curieux. Pas d'agitation, les rideaux de fer imposent silence aux venelles desertees. Bien sur il est 15h! Il faudra attendre 17h pour que tout ce monde sorte de sa torpeur. Neanmoins, je m'aventure au gre de ma fantaisie. Ici une ruelle animee, ou des tentures entre maisonnees prodiguent leur ombre appaisante. Des boutiques aux chalans dicrets, exposent orfevreies, bijoux, pierreries a faire rever la plus refractaire de nos Cheres-razades. Un scintillement, un emerveillement de la pupille, des pieces finement sciselees aux pierreries enchassees, miriade de couleurs turqouise grenat emeraude jade le disputent aux eclats purs et limpides de discrets diamants. Je quitte ces alignements de boutiques cossues et me voila, accompagne par les rituels "bonjour...bienvenu" dans un bazar toutueux ou alterne etamiers et boutiques de vetements, clairseme d'epiceries antediluviennes.
Rien de typique, le commerce des biens du quotidien. Une boutique de poteries, mon regard s'y attarde, le commercant m'invite a une viste de son echope, me decline amphores et parures en corail naturel, dans le fond du magasin, exposition de tapis ou j'apprends que les berberes tissent la laine de moutons et les bedouins le poils de chameaux pour confectionner tapis et ornemts tisses. Je marche, je marche je suis fatigue, je reviendrai un soir de pleine animation. Retour a pied a l'hotel, j'ai des ampoules.

Dimanche! Je repense aux installations et il m'apercoit que sur chaque centrale, toutes les sorties air ne sont pas utilisees sur les sites, il manque des bouchons pour les distributions d'air comprime. Mohamed passe a 9h. En route pour l'ambassade de France de l'autre cote de la ville. Chemin faisant il m'apprend qu'il n'est pas sur que le chantier commence, un coup de telephone confirme que rien n'est en place, le demarrage est remis a demain lundi. Ambassade aux memes murs blancs flanques de cameras inquisitrices. Une file ordonnee patiente au portillon des visa. En temps que mon correspondant, j'invite Mohamed a me suivre a la porte principale. Nous voila dans un bout de France ou nous sommes accueillis par un avenant gendarme qui nous guide a un hall d'attente. Conduits aupres de Monsieur le Consul nous sommes recus chaleureusement, je me presente declinant identite et mission. Je suis surpris de ne pouvoir trouver de recueil sur la vie en Lybie ni de carte ou plan de Tripoli. Apres une urbaine conversation faite d'essentielles recommandations et confirmation que l'etranger est bien traite dans le pays et s'y deplace en toute securite, nous sommes reconduits; Mohamed depose deux passeports pour les visa de son patron monsieur Mansour, une employee nous invite a venir retirer ces documents a 14h. Il est 10h30 nous retournons au depot de la police pour recuperer une distribution d'air afin d'acheter quelques bouchons a vis necessaires. Nous sommes recu, salon fauteuil the, par le commandant en chef de la place, qui, il me semble, exprime son etonnement devant les retards d'installation. Planton, hangard et recuperation d'une distribution d'air.
Mohamed, confiant, me vehicule de boutiques en echopes surrealistes, en quete des bouchons a vis. Pas de telles pieces sur le marche a moins de les faire fabriquer par un outilleur-tourneur. A l'apercu du type d'echope et d'equipement, je rennonce, proposant un courriel pour demander un approvisionnemt rapide depuis Avignon. Apres une efficace repression sur le bouchon du cache culbuteurs de la Lada, aux velleites de liberte permettant aux chaudes giclees d'huile le graissage externe du moteur, a 13h10 nous partons pour un ramassage scolaire familial. Je suis etonne de voir un peu partout des filles et garcons revetus de treillis militaires a la lepre de comoufflage gris et kaki, beige et blanc, vert et gris ainsi de suite. Les filles portent foulard les garcons casquette, Mohamed m'explique que ce sont les tenues obligatoires qui differencient les ecoles publiques, je comprends mal, ses enfants ne portent pas ces tenues, par pudeur je n'ose le questionner. Le fils et les deux filles de Mohamed papottent a l'arriere, tandis que nous slalomons vers l'ambassade de France pour recuperer les passeports. Planton, attente, nous recuprons les precieux documents et traversons tout Tripoli pour arriver vers 15h a mon hotel.
Lundi, mon attente est brisee vers 10h par un appel de monsieur Mansour big boss de Fondaco. Sa conversation en francais m'apprend qu'il mandate une autre entreprise pour la realisation des travaux preparatoires. Il est preoccupe de la stagnation de ma mission, car il est, par le ministere de l'interieur et la direction de la police, de plus en plus fermement enjoint a commencer les travaux. Le temps presse, la pression monte, rien n'avance. J'en profite pour demander l'octroi d'un vehicule pour le vendredi, ne me voyant pas rester toute la journee a l'hotel ou refaire des ballades en ville, il acquiesce et m'enverra une voiture avec chauffeur pour aller visiter Sabratah. Regrets de la tournure des evenements, promesse de la mise en oeuvre du chantier au plus tot, sinceres salutaions, et de nouveau une journee pour rien. Je vais mettre a profit ce temps libre pour tenter de changer mes traveller's cheques.
Le factotum de l'hotel indique au taxi ma destination et a moi le prix de la course, deux dinars pour me ren drendre a l'est de Tripoli en bord de mer dans le quartier moderne des affaires. Bien decide a resoudre ce probleme d'intendance, je vais de tour en tour, demandant aux factionnaires de securite de m'indiquer une banque de change. Ici les marbres tapissent sol et murs, offrant leur discrets agencements artistiques dans un lustrage ou l'on se voit marcher. De galeries marchandes claires et spacieuses aux luxueuses boutiques en escalators silencieux, je me perds dans un dedale de couloirs, de boutiques et autres bureaux. Tout ce qui compte en Lybie d'industrie, de petrol, d'import export, de compagnie de toutes sortes aux noms mondialement connus, se trouvent la dans ces bureaux delocalises (je cherche mais y a pas Urbaco). J'aborde un "attendeur", tout le monde attend ici, et par bonheur il parle francais. Devant mon embarras, il m'accompagne de couloirs en traverses pour arriver dans une banque, me pose devant un guichet, discute et tend mes formules et passeport a une jeune dame accorte. Attente, et retour de la guichetiere qui m'annonce mon change contre une commission de 10 dinars, signature, caisse, mission accompli.
Mon guide propose de m'offrir un cafe, et il faut que je fasse autorite pour accepter a condition que je paie les consommations. Remerciements, nous nous separons non sans qu'il me salue par un "nous sommes a votre service". Dehors le soleil est haut, je flane sur l'esplanade au bord de l'eau appuye a une ballustrade. Je retourne vers le centre, j'affrete un taxi, retour a l'hotel.
Mardi, Mohamed rompt l'attente et passe me chercher vers 10h30, pour une rencontre avec le nouvel entrepreneur. Esperons que ce soit la bonne! Retour au quartier des affaires, hotel Corynthia. Nous sommes annonces, et patientons dans un hall spacieux clair aux decor luxueux, dans de confortables fauteuils. Presentations au bar de l'hotel devant cafe et jus de fruits, dossiers, plans, explications, nous decidons de rejoindre l'entreprise sise sur la route de l'aeroport pour rencontrer un ingenieur, tout Tripoli a traverser! Au milieu de nulle part dans une etendue de terre sablonneuse clairsemee d'arbres, nous voila dans une maison enceinte de hauts murs avec gardien a l'entree. Cette entreprise est Lybio-maltaise et contraste avec la precedente par ses moyens et organisation. Salle de reunion, explications dossier, plans, visite des moyens a disposition et nous partons sur site pour finaliser, je l'espere, les executions. Retour a l'hotel, il fait invariablement beau.
Mercredi, pas de laisser aller, je me prepare sans grande illusion, cette nouvelle entreprise doit s'organiser pour commencer les travaux au plus vite. Gagne! pas d'appel ni de visite, il fait beau, tant pis mes blogs a contineur avec photos a inserrer. Au fait, pour vendredi, faudrait que je me trouve un appareil simple et pas cher. La journee coule doucement, le blog se construit heure apres heure.
Jeudi, 9h, mon correspondant passe et nous allons route de l'aeroport pour une nouvelle rencontre avec l'ingenieur et le chef de chantier pressenti pour l'execution des travaux de genie civil. C'est reparti! Aeroport, visite du premier site a mettre en oeuvre, et nous tombons d'accord pour un demarrage samedi matin. Retour en ville en ce 10 novembre pour acheter un appareil photo. Mohamed me conduit de boutique en boutique, y a pas de Darty ou Boulanger ici, et je suis surpris de la cherete des equipements numeriques et informatiques, apres valse hesitation, je fais acquisition d'un simple Kodak CX7330 de 3,2Mp avec zoom optique X3, bon ca performe pas mais ce sera toujours mieux que ce que j'ai. Demain repos, visite du site de Sbratha classe au patrimoine mondial de l'humanite, ce sera Mohamed qui me servira de chauffeur, une bonne journee en perspective a en prendre plein les yeux et faire le plein d'emotions! C'est sur je vous raconterai avec photos pour le reve . . . Au fait on sait jamais j'ai pris le maillot!
On commence Samedi 12 nov

C'est sur . . . ?
Chut ! A suivre

09 novembre 2005

L'AVENTURE CONTINUE

C'est vendredi, je me garde de jouer les Robinson (les femmes sont perfides, Robinson crut Zoe et il a fini sur une ile ...), apres un frugal petit dej', cafe un croissant quelques dattes proposes parmi tomates concombres oeufs-dur olives thon et brouet ocre au fumet d'epices et piment. Au fait je n'ai pas parle des dattes ! Un delice ! Rien a voir avec ces barquettes brunatres au suintement poisseux d'un sucre artificiel.

Ici de belles formes oblongues a la peau lisses et dorees, justes tombees de leur palmier, proposent une chair ferme murie au soleil, gorgee de sucre savamment dose par un climat propice. Il suffit de se baisser dans les jardins, en ville, pour en depayser son palais! Apres ca, il y a de quoi honnir les flocons et autres cereales industrielles.

Vers 10 heures trente, me voila en route vers Tripoli, http://www.reporter-photographe.com/lybie/oea-tripoli.htm contris de ne pas satisfaire a mon addiction photographique. Esperons que je ne sois pas trop trahi par mon appareil re-glingue. Je pars le long du front de mer. Une autre ambiance, fini les vrombrissants serpentaires des voitures et minibus , plus de foule empressee, mais quietude plombee par un radieux soleil. Les gens flanent, paisibles, dehambulent au gres de leur fantaisie, les taxis en maraude sillonnent les rues somnolentes. Plus une voiture sur la Place verte.

Des caleches multicolores accueillent les familles endimanchees, fauteuils et banquettes, pares de voils evanaissants se prelassent invitant le chaland a la photo dominicale. Tiens dominical c'est pour dimanche et quand "le jour du seigneur" est un vendredi, on dit quoi, vendredal, dredal, venal? Faudra y reflechir! Ben on dit aussi dominical, jour de "Dieu", vendredi jour de "Venus", ca explique venal. Treve de digression! Je remonte l'avenue Mukhtar, Champ Elysee local, le policier de faction, m'autorise a immortaliser cette avenue exeptionnellement deserte, fete de fin de ramadan oblige.


Je bifurque pour une rue parallele plus frequentee. S'offrent a moi des etals de boutiquiers, epiciers et autre petites echoppes. A travers d'etroites breches, des visions furtives de pietons traversant les murs attisent ma curiosite, une poterne m'invite a rejoindre cette foule bigarree. Je suis dans un marche couvert, enceintes circulaires aux concentriques etals de poissonniers ici, bouchers ailleurs, fruits et legunes par la.
Chaque commercant expose sa marchandise entassee sur de freles etageres qui tapissent les murs, ou bien pendent carcasses de moutons et autres quartiers de viande aux esses meurtrieres des boucheries sommairement refrigerees. Le passage de ruelle en ruelle se fait par de transitoires couloirs encombres de cages de volailles nourriciaires, ou bien salamandres porc-et-pics perruches chatons ragondins de compagnie. Les poissons a meme le marbre embaument l'atmosphere de leur entetant fumet. Je regagne une plus grande artere animee, au renfoncemets occupes par des cuisiners qui me helent proposant leurs "melocos" (heu : mets locaux !), pas sur de pouvoir supporter les foudres incendiares des piments, je decline poliment.
Une grande place au pied de la muraille d'enceinte de la vielle ville, la des chauffeurs de taxi et mini-bus m'interpellent, un porche s'ouvre dans cette muraile, je m'y engage. Les ruelles sont etroites, passantes d'une foule qui se rend je ne sais ou. De venelles en venelles au sol lepreux d'un ciment incertain ou de terre battue si compacte qu'une femme balaye son pas de porte, je debouche dans un quartier ou les echopes serrees les unes contres les autres, placards de 10 metres carres sur 3 de haut, assurent un commerce de survie, epiciers, coiffeurs, brica-brac de radio-tele ou pieces electriques mecaniques du quotidien, tailleurs couturiers, tous s'activent. Il n'est pas cent metres sans que je sois interpele en francais le plus souvent ou anglais par de souriants "bonjour..bienvenue monsieur" aux quels je reponds par de larges sourires portant ma main droite a mon coeur.
Je croise deux europeennes sans stress qui me conseillent une ancienne mosquee toute proche, au detour d'une ruelle je decouvre ce massif monument en voie de restauration, une merveille de l'art mauresque. Le muezzin erraille ses appels a la priere, il est 13h30, des hommes se pressent tapis sous le bras. D'un pas tranquille je musarde, et au detour, d'un batiment je tombe sur une ruelle tapissee d'hommes agenouilles front a terre, surpris, passible d'un malsaint voyeurisme, je m'eclipse discretement pour une autre direction.
Je retrouve le porche par ou je suis rentre, il est pres de 14h, j'ai soif, il fait tres chaud, suis en nage. Oasis artificiel, contre le mur d'enceinte de la vielle ville une cabane au toit de tole avec barbecue, comptoir, frigo, un balet de serveurs en gilet se faufilent entre des tables et fauteuils ou se prelassent des consommateurs de tous ages a l'ombre de quelques ficus. Je demande une boison et me vois propose assiettes de viandes et legumes au fumet appetissant. Je m'installe a une table maculee entre consommateurs et fumeurs de narghile, commande soda et sandwich au poulet avec meli-melo de legume frits.
C'est bon, en plus j'ai demande pas trop fort! Repose je reprends ma route et me dirige vers le nouveau quartier de tours et building sur le front de mer. Je longe des places ou fourmillent les mini-bus a l'invite aux noms exotiques, Leptis Magna, Sabratah, Ghadames, Misratah . . . Puis le quartier noir, un marche couvert enceint de grille, une population affricaine et toujours ces interpellations a mon encontre pour me souhaiter le "bonjour... bienvenu". Je m'en retourne et une idee, retrouver l'hotel "Mediterraneo" qui m'accueuilit il ya 25 ans a mon premier deplacement professionnel. De rues delabrees en ruelles defoncees, assoiffe, j'entre dans un hotel a la facade lepreuse, non c'est pas la, je suis accueilli dans un hall luxueux et invite a me desalterer au bar de l'etage sur de moelleux fauteuils dans un decor de chaud cocooning;
desaltere, je suis invite a visiter la salle de restaurant et les chambres a l'etage; apres nombre de remerciments je prends conge, et me dit que le "Mediterraneo" ce sera pour une autre fois. Je retraverse la ville et retrouvant le front de mer, je me dirge vers mon hotel. Ouf le lit un havre! Ferais bien un bain de pieds moi! Zute et cette clim qui ronronne, fait trop frais, je m'allonge il est 16h30 je suis vanne. Repos, demain je vais commence cette semaine par entamer enfin les travaux de "Genie si vils" (a force ils le deviennent).

He oui Demain !

A suivre . . .

Album photos pour les curieux

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03 novembre 2005

Ce jeudi je vais bosser !


Bizarre! Enfin ...!

Retour arriere! Donc dimanche, depart de l'hotel a 14h30 pour visiter l'entrepot de stockage du materiel! Enceinte, hommes en tenue, armement, chiens, on donne dans le lourd, visite aux autorites qui nous menent dans un hangar. La, les bornes sont gentiment alignees, dans leur blister, cetrtaines sont a l'envers, d'autres depassent de leur couvercle, les centrales empilees, les caisses de cables et tube-air flannent un peu partout. Une Cathedrale a la gloire d'Urbaco http://www.urbaco.fr/ ! Ca pose ca! Discussions palabres et nous voila repartis pour la ville ou j'entre par la grande avenue Omar Moktar, resistant martyr pendu par les italiens dans les annees 30, notre Jean Moulin quoi! Voila la place Verte et sa citadine effervescence des preparatifs de la fete de trois jours qui clos le Ramadan, cohue voituriere et fievre ach'teuse frenetique organisees du desordre ambiant sonorisee de klaxons intempestifs. Au bas de cette avenue le siege central de la police ou trois acces sont a equiper autour de ce "Head Quarter". On mesure? On trace ? Chiche ! Surprise je n'ai pas pris (dans mes bagages) mon double decametre, etonnes mes accompagnants me menent au Souk tout proche ou nous denichons une echope de vis et outillages pour faire amplette d'un "measuring tape" de 3m; heureusement, comme demande la veille, un accompagnant a porte une bombe de marquage au sol (bon c'est de la peinture voiture...). Allez mon petit faut pas te louper, montres que ce tu sais! Ouf test bien passe, explications, determination, persuasion et tout le monde est content sauf moi qui ne sait pas quand on commence, comment, avec quoi et qui. Retour a l'hotel, en se donnant rendez-vous a demain lundi a l'heure (?) du prochain appel.


Lundi, je reste a l'hotel dans le silence asssourdissant du nokia qui me nargue, journee blanche, pas d'appel, pas de visite. Je suis assez loin du centre ville, pas un dinar en poche. Sortir, la plage deserte ne me tente pas. L'hotel est dans un quartier d'immeubles meli-melo, chantier bric a brac, rues de terre-bithume crevassees jonchees de vieilleiries eteroclytes. Les facades delavees suintent de couleurs pastels ou d'improbables araignees y tissent de fenetres en balcons leurs toiles de cables electriques; le disputant a la technologie satellitaire, l'acne des climatiseurs deglingues deversent a travers de multiples et rudimentaires percements de mur leur fraicheur artificielle en periode estivale.
Mardi Mohamed vient me chercher a 13h 30 et nous voila partis pour l'aeroport en visite reperage de sites. Eloigne de 25 km nous slalomons dans la senpiternelle cohue et en plus j'ai droit a un embouteillage ou pele-mele chacun se faufile dans le moindre espace et dans tous les sens, la priorite ... faut pas rever elle est celle du klaxon et de l'audace. Regroupement des "bornistes" dans un bureau qui semble etre celui du chef de la securite ou nous attendons d'etre recus. Salutations, palabres, puis tout le monde y va de ses propos auquels je suis hermetique. Il m'est explique que ici personne n'est au courant de la pose de bornes et que nous ne pouvons entreprendre quoi que ce soit. Bon un coup pour rien! Je comprends, essaie de mobiliser en quelques heures des energies entre noel et jour de l'an! Ben c'est pareil! Cette fois, j'ai deux travelers et le diable si je ne change pas a l'aeroport dans un bureau officiel. Ben c'est le diable, partout la meme phrase "Only cash sir"! La j'ai un genou a terre, je ne me vois pas passer trois jours feries sans un dinar... Me reste a passer a l'ambassade de France pour m'aerer la tete et m'informer des diverses choses du quotidien, Mohamed m'y conduit. Batisse imposante ceinte de hauts murs blancs. Je lis un avis "L'ambassade sera fermee le mardi 1 nov en raison de la fete francaise de toussaints et les 2 3 et 4 nov en raison des fetes de l'Aid". Quand je vous dis qu'il a tout juste ce pelerin, faut me croire! La, plus de tergiversation, devant mon air abattu, Mohamed me propose que rendu a l'hotel je lui confie mon cash pour me remettre le change ce soir apres 21h. Que voila une bonne idee, je vais revivre! Tiens si je louai une voiture depuis l'hotel, histoire de ne pas rester enferme pendant trois jours. Renseignement pris la journee de location est de 60 dinar (37,5 eur), une journee serait raisonnable.


Bon en attendant si je faisais une photo de l'hotel vue de l'exterieur et que je la blogue sur le premier message, ca me changera les idees! Cli-clac l'affaire est dans la boite (non pas dans le sac... pour cinephile), je visualise, tout va bien jusqu'a une collision benigne comme il y en aux portes d'entree, a toi a moi ben non puis poum nous deux, enfer et damnation, cette bousculade a tordu le canon telescopique de l'objectif et l'appareil se coupe passe en alarme. Foutu, mort, plus de photos. Le reparer ici, il est a envoyer a Olympus! Bon On fait quoi? C'est sans compter sur le Macgyver du tournevis plat de 4 et de la pince etau! Tire pousse redresse, ploc le canon est sorti, la lentille aussi, me voila bien; allez remettre tout, essayer de resynchorniser au mieux les moteurs, le zoom, les lentilles; ouf un semblant de mieux, ca y est c'est en place avec un canon raye, pointe, comme machonne. Test photo, ben le rendu n'est pas terrible peu net et sombre ! Faudra s'en contenter. Elle est pas belle la vie ? En fin d'apres midi le "manager" hotelier m'apprend qu'il n'est pas possible de louer pour une journee, car le bureau de location ferme pour 4 jours et donc personne pour receptionner la voiture a ma fin de location. Encore un coup de chance. Vers 22h, comme promis Mohamed me porte le change et nous prenons un pot (jus de fruits soda cafe, non non pas d'...) sur la terrasse couverte de l'hotel parmi les consommateurs et fumeurs de narguile, il faudra que j'essaie. Surprenant, je revois Mohamed qui fume, accepte mes chwinggums (oui les strong ceux pour homme). Il m'apprend que le Ramadan se termine cette nuit vers 3h du matin au lever de la nouvelle lune, que chez lui se prepare la fete comme dans tous les foyers, cette nuit les rues sont pitonnisees a cette occasion, tous les commerces et boutiques sont ouverts en ville. Demain je m'organise l'apres midi pour jouer les touristes dinar en poche.


Mercredi matin, surprise Mohamed me telephone et me propose de passer me prendre cet apres midi vers 14h30, tiens et les fetes alors ? Nous voila donc parti de nouveau a l'earoport pour reperage et marquage de sites. Bizarre impression que de voir cette ville pratiquement desserte, sans son trafic intense, comme un lendemain de nouvel an. Mon correspondant m'explique que nous sommes presses par le temps et que fetes ou pas nous devons commencer les travaux. Deuxieme fois a pied d'oeuvre je mesure, je trace, je compte, je suggere, ainsi nous configurons cinq sites. Les voies sont larges de 10/11m a 6m double ou simple sens, quelques fois doublees de portail ou barrieres ante-deluviennes. Je preconise de commencer le plus tot possible par un site qui me semble le plus simple dans sa mise en oeuvre. A la tombee de la nuit, vers 17h30/18h confiants nous retournons a l'hotel en nous promettant de demarrer des demain jeudi a 9h (au fait avec le changement d'heure en france je me retrouve avec une heure d'avance). Je me fais un peu de soucis pour l'execution et realisation des travaux de genie civil qu'il faut que j'organise et supervise , je ne suis pas de ces metiers, tant qu'il s'agit de faire la pose de borne ca va mais, la, je "drive"de A a Z. Demain je me jette dans le grand bain! Z'avez pas une bouee ......?


Jeudi 7h lever, TV5 me donne les dernieres nouvelles neuves du monde, m'annonce la dernière hécatombe, je garderai pour moi ce que m'inspire le monde, me dit que je voudrai si TV5 le permettait, déjeuner en paix. Je suis fin pret. Puis plus rien, Mohamed me telephone a 14h30 pour m'informer qu'il m'embarque a 16h pour l'aeroport. On y retourne, et revoila la fludite du trafic d'un jour de fete, 25 km entre masures et echoppes eteroclites, ou en semaine les trottoirs, Anpe rudimentaire, sont occupes par des hommes assis pour proposer leurs services aux chalants avec qui un bidon pinceaux rouleaux, un autre de la cablerie, brouette de manutention, massette et pointe, un autre de larobinetterie, ici avec un moteur, la une boiserie, ainsi de suite.

Nous traversons des banlieus ici un peu coquettes, la delabrees, puis des plantations d'oliviers, de palmiers dattiers et autres cultures maraicheres. A l'arrivee, pour patienter en attendant les autres intervenants, direction l'aerogare pour un pot rafraichissant, ici il fait chaud. A 17h30, enfin tout le monde est la! Je suis presente au responsable des travaux de genie civil, au quel je reitere le process de mise en oeuvre, appuye par les traductions volubiles de mes accompagnateurs. Il semble que toutes les conditions soient reunies pour commencer les travaux samedi matin a 9h.



Mohamed me raccompagne en ville et me propose un verre au cafe sur la Place Verte. Ballade sur le front de mer illumine ou grouille une foule nonchalante et bigarree qui dehambule dans des jardins plantes de ficus et palmiers, parsemes de terrasses et kiosques. La place est noire de monde, des attelages aux charettes fleuries tendues de voiles multicolores attendent les familles aux enfants costumes pour une ballade dans les rues illuminees. Le grand cafe en terrasse et complet, Mohamed decide de me mener a des boutiques de materiel electronique pour envisager le remplacement de mon appareil photo. A materiel identique les prix sont 20 a 30 pct plus cher qu'en France, nous terminons a la terrasse d'un grand cafe sur la place de la Grande Mosquee immaculee sous le feu de ses projecteurs. Discussion, connivence, quietude autour d'un soda parmi les fumeurs de narguilets. Il est 20h, nous retournons a l'hotel. Je suis bien, content d'avoir progresser et d'envisager le premier coup de pelleuteuse samedi matin et c'est a ce moment la que la vrai aventure commencera . . . . . . .

Quand donnera-t-il la mesure de ses talents ?


Pourvue que rien ne foire !


A suivre ...
(Y a toujours pas les accentues)